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| Les carriers. Qui étaient-ils et qui sont-ils. Il était une fois des hommes qui risquaient leur vie pour extraire un bloc de marbre de la montagne et le porter dans la vallée. Le métier de carrier a toujours été un métier à risques surtout autrefois quand les méthodes d’extraction et de transports étaient des plus rudimentaires. Il fut un temps où pour extraire le marbre on abattait à l’explosif de grands pans de montagne. Une technique qui par sa complexité comportait une longue et soigneuse préparation. Pendant l’explosion et la chute successive, le grand pan se cassait en nombreux morceaux de taille différentes. Un spectacle impressionnant mais aussi très dangereux pour qui y prenait part. ![]() |
Au dessus: un carrier «tecchiaiolo» suspendu au flanc de la
montagne. |
| Mais avant d’enlever la masse de la montagne, il fallait la libérer des morceaux de roche rendus inutilisables par l’érosion superficielle. Le «tecchiaiolo» devait examiner de près la paroi et la libérer des morceaux dangereux ; pour ce faire, il devait se caler, suspendu à une corde, devant l’entrée de la carrière. |
| Puis il y avait les carriers chargés de placer l’explosif,
qui fut remplacé par le fil hélicoïdal à la fin du 19ème siècle. Le fil hélicoïdal était un dispositif qui permettait de tailler le marbre directement à la carrière, une petite corde formée de trois fils d’acier, enroulée à une poulie et d’une longueur qui pouvait atteindre 1200- 1500 mètres pour les grandes tailles. En une heure un fil pouvait scier en moyenne 60 mètres cube. Le fil hélicoïdal était actionné à une vitesse de 5-6 mètres à la seconde et la taille du bloc était facilitée par l’adjonction d’un mélange abrasif de sable et d’eau. Il y a de vieux carriers qui témoignent n’avoir utilisé le fil seulement qu’après la seconde guerre mondiale. Dans les carrières, surtout les plus petites, les technologies sont entrées très lentement. Pendant très longtemps, les instruments nécessaires pour ce travail étaient la force, le courage, une bonne dose d’expérience et la dynamite. |
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Alors entraient en scène les « riquadratori » cadreurs, qui au son du marteau et du burin cherchaient à donner au bloc une forme carrée. C’était un travail difficile, lourd et ces carriers devaient être forts et patients. Les blocs devaient ensuite descendre dans la vallée. Un travail tout sauf facile là aussi! si vous voulez en savoir plus, cliquer sur «transport», mais si vous désirez vous arrêter un peu sur la figure du carrier continuez la lecture de cette page. |
C’est pourquoi les ouvriers doivent toujours se tenir à distance quand
la machine est en marche. Il faut dire cependant que les récentes technologies
et les précautions que les techniciens dans les carrières doivent faire
respecter ont beaucoup limité les risques. |
| Les figures professionnelles de la carrière ont aussi changé.
Il n’y a plus de «Tecchiaolo» ni de «lizzatori», le chef de la carrière
qui était l’homme à l’expérience indiscutable, qui décidait tout, travaille
aujourd’hui aux côtés d’un ingénieur des mines qui dirige les travaux et
contrôle que le «plan de cultivation» de la carrière est correctement suivi. Les ouvriers deviennent toujours davantage des manoeuvres de machines. Aujourd’hui un bon ruspista (conducteur d'engin) qui sait placer le bloc sur le camion remplace un groupe de « lizzatori » experts. |
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| Il y a aussi des différences de salaire, de nos jours un ouvrier spécialisé
a une bonne paye, autrefois il y avait des carriers qui après une dure journée
de travail allaient ramasser les châtaignes ou cultiver le potager et avec
l’aide de la famille soignaient les bêtes. Les carriers n’avaient pas beaucoup
de temps pour leur famille, ils devaient partir à l’aube et revenaient la
nuit tombée. «Nous travaillons d’étoiles en étoile» écrivit le poète carrier de Malbacco. Pour raconter qui était le carrier d’autrefois nous avons décidé de mettre sur Internet ce carrier poète et écrivain qui ne perdait pas de vue la dure réalité de la carrière. |
| Nous avons commencé par la fin et le lecteur
pourrait penser que c’est là l’histoire d’un carrier dépressif, triste sans
rêve ni aspiration. C’est tout le contraire, Lorenzo était plein de vie,
parlait de musique, de livres, de politique et d’art, il se tenait informé.
Il était plein d’esprit d’initiative, le voilà, à droite dans le rôle d’acteur et réalisateur de son film « la chèvre », inspiré de la guerre en Versilia. Mais son chef d’œuvre au cinéma, primé dans de nombreux concours, s’intitule «Le carrier» et parle des siens... Ceux qui travaillent «d’étoiles en étoiles», défiant les intempéries et les dangers de la montagne. Ce sont eux, les vrais carriers, le matin tous à la carrière pour l'explosion ou pour faire tomber les morceaux choisis. Grâce à l’idée de Lorenzo Tarabella les carriers se sont représentés eux même en homme courageux mais aussi plein de respect pour la montagne, pour les dangers qu’elle cache. Ils nous ont raconté comment, bien que le malheur soit toujours aux aguets, ils trouvaient encore la force de sourire. |
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| L’accident qui survenait dans la carrière était communiqué aux villages au son d’une espèce de corne appelé « la buccina », et toutes les femmes affluaient vers la route de la carrière et priaient en attendant les hommes avec la civière, se demandant qui avait été touché cette fois ci... |
Le suicide
du poète carrier. Un carrier de la Versilia se tue avec un bâton de dynamite. Lorenzo Tarabella nous a laissé une collection de nouvelles et de poèmes, deux films qui sont des documents uniques sur la vie et le travail des carriers. Nous espérons que beaucoup voudront le connaître. Qui vient en vacances ou passe en Toscane pourra aussi voir les outils des anciennes méthodes de travail du marbre ( ainsi que le film de Tarabella) au Musée du Travail et des Traditions de la Versilia Histirique au Palais Médicis de Seravezza, province de Lucques, à quelques kilomètres de la plage de Forte dei marmi. |
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| Pour nous écrire: lucama@versilia.toscana.it |